La nouvelle serait pratiquement passé inaperçue si ce n’était le battage médiatique organisé par les media israéliens eux-mêmes : l’Organisation de coopération & de développement économiques (OCDE) vient d’accueillir Israël en son sein.
Concrètement, l’assemblée plénière de l’OCDE a tenu, ce lundi matin, une réunion extraordinaire à l’issue de laquelle a été annoncé l’admission d’Israël au sein de l’organisation. Une, c’est à noter, décision entérinée à l’unanimité par ses 31 membres.
Naturellement, la nouvelle est accueillie avec satisfaction en Israël, où le Premier ministre a annoncé qu’il tiendrait, dans l’après-midi, une conférence de presse pour réagir officiellement.
Bien qu’on ait été pratiquement sûr, des deux côtés de la Méditerranée, que la candidature israélienne passerait comme une lettre à la poste, restaient certaines oppositions, notamment de l’Autorité palestinienne.
Dans un combat perdu d’avance, le Premier ministre palestinien, Salam Fayyad, avait envoyé une lettre aux ministres des Affaires étrangères des 31 États membres de l’OCDE, pour tenter de les convaincre de voter contre Israël. Dans sa missive, Fayyad avait rappelé qu’Israël devrait être tenu à l’écart, en raison de ses « violations des droits de l’Homme » à l’encontre des Palestiniens, « contraires aux valeurs de l’OCDE ».
Suite au vote, Netanyahu a immédiatement affiché son intention de se rendre à Paris, dès la fin mai, pour participer à une cérémonie « en l’honneur d’Israël, nouveau partenaire de l’OCDE ». Devraient être du voyage le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, le ministre des Finances, Yuval Steinitz et son homologue du Commerce & de l’Industrie, le général (CR) Binyamin Fouad Ben-Eliézer.
Plus diplomatique que son patron, Steinitz a (mollement, n’exagérons rien) tempéré l’euphorie régnant à la Présidence du Conseil, précisant même qu’il fallait attendre une « confirmation officielle » avant que la décision soit considérée comme « définitive ».
Steinitz a, malgré tout estimé que l’entrée d’Israël revêtait une importance considérable, d’un point de vue socio-économique, mais également politique, « étant donné qu’Israël obtenait une légitimation de sa politique concernant les droits de ses citoyens et ses efforts pour préserver l’environnement ». Et de conclure que « C’est pour nous un jour de fête ».
Victoire de la diplomatie israélienne, certes. Mais, également (pour ne pas dire, surtout) une cuisante défaite pour l’ adiplomatie arabe. Encore une fois, les chancelleries des pays membres de la Ligue des États arabes et de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) ont été roulées dans la farine. En toute connaissance de cause. En effet que pesait Salam Fayyad en cette affaire ? Pas grand-chose, presque rien, en fait. Quant aux autres représentants du monde arabo-musulmans, ils étaient, comme d’habitude, aux abonnés absents.
Jacques Borde
pour « détails », site officiel
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