Nous vous annoncions voici quelques jours que de graves dissensions agitaient le clan mariniste au sein du FN. Bien que notre article ait été supprimé du « Post », au motif d’atteinte à la vie privée -ce qui est pour le moins cocasse dans une société où les aventures et mésaventures de Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ont fait la Une des journaux- la démission de Louis Aliot, tacite depuis le dernier Bureau Politique qu’il avait séché, vient entériner les informations délivrées en exclusivité par médialibre.
Louis Aliot claque la porte
C’est bien parce qu’exaspéré par les choix stratégiques de Marine Le Pen et de son entourage que Louis Aliot quitte ses fonctions. Le rapprochement de Marine avec les éléments issus du MNR dont sont issus Steeve Briois et Bruno Bildé, comme Nicolas Bay, mais aussi et sur les même bases, avec les Identitaires, que Louis Aliot renonce. Son intention de créer un Think Tank mariniste doit être comprise à cette aune. Il s’agit de fédérer les marinistes patriotes hostiles à la ligne européiste et libérale incarnée par l’entourage de la vice -présidente, dans la perspective de peser au Congrès. Et Médialibre confirme ses informations : si Louis Aliot ne parvenait pas à peser suffisamment à ses yeux, idéologiquement et humainement, et n’obtenait pas de garanties pour son avenir politique, il pourrait alors soit négocier directement avec Bruno Gollnisch, soit décider de se compter au Congrès. Cette hypothèse a au moins été envisagée.
L’inquiétude mariniste
Une perspective qui ne lasse pas d’angoisser le clan résiduel mariniste, qui fait plus que jamais régner la terreur sur le mouvement. C’est ainsi que la Secrétaire Départementale de l’Eure, ex-mariniste passée chez Gollnisch, comme un nombre croissant de cadres, fût-ce officieusement, a été débarquée de son poste sans ménagement ces jours derniers. Le Maccarthysme en vigueur dans le parti depuis 2007, mais qui redouble d’intensité depuis l’annonce du Congrès a d’ailleurs son revers. Il insupporte cadres et militants, et l’on ne compte plus les défections, du DPS jusqu’au Bureau Politique. A cela il faut ajouter la personnalité de Marine, pour le moins versatile, dont les sautes d’humeur et le mépris des militants sont légendaires. *
Un axe politique Gollnisch/LePen face à l’axe Marine/Fourest ?
Sans compter que les médias semblent découvrir l’existence de Bruno Gollnisch, comme d’ailleurs le fait qu’il a largement battu Marine au Congrès de Bordeaux de 2007, dont il était arrivé nettement en tête, avec plus de 85 % des voix… 85 % des voix des adhérents, et non des cadres comme l’affirmait le très incompétent et très proche de Marine Christophe Forcari dans Libération. Le Vice-président exécutif ne se départit pas de son calme et engrange les soutiens. Des soutiens y compris d’ailleurs chez les lepénistes historiques. En effet, on voit se dessiner progressivement une ligne de fracture idéologique entre les deux camps qui s’affrontent. Il n’a échappé à personne dans le parti que Marine Le Pen dans ses dernières apparitions médiatiques, prenait grand soin d’éviter un mot pourtant clé dans l’histoire et la doctrine du parti : lmmigration. Pour ne pas fâcher ses amis du grand patronat ? Toujours est-il qu’elle préfère en faire des tonnes sur la burqua, entonnant ainsi le refrain médiatique, alors même que l’opinion publique est pour le moins réservée. Au contraire de Le Pen et Gollnisch, qui, fidèles en cela à la doctrine du FN, préfèrent dénoncer l’immigration et ses conséquences fâcheuses que de partir en croisade contre une religion. Quoique catholique et réservé sur l’Islam, Gollnisch campe en effet sur les fondamentaux et se refuse à mélanger causes et conséquences. On peut penser également que la culture politique -considérable- qu’ils ont en commun les rend conscients des sacrifices rendus par des patriotes musulmans dans l’histoire de France, dont témoignent de nombreux cimetières. La terre des morts…
Médias et bricolage
Sentant le vent du boulet on veut se persuader chez les marinistes que les médias choisiront leur camp et feront l’élection, oubliant l’histoire du FN en général de Le Pen en particulier. On tente de bricoler un rassemblement, et il se dit que l’ex essayiste Alain Soral, qui devenait gênant, aurait été discrètement recruté, afin d’éviter les nuisances qu’aurait causées son éventuel soutien à Gollnisch, de bénéficier de son sens de la formule et de la subversion rigolote. Le tout dans le dos de ses (leurs) troupes, bien entendu. Un rassemblement de Soral à Vardon, donc, en passant par Bildé et Bay. Sans oublier Philippe Peninque, qui a quasi ruiné le parti avec sa gestion calamiteuse du dossier Le Rachinel. Avec pour unique colonne vertébrale, le soutien médiatique et l’appétit du pouvoir.
Rien ne dit qu’un tel attelage, qui vient déjà de perdre Louis Aliot, n’explosera pas en vol… ou à terre. En haut lieu, on commence à s’en inquiéter : il s’y dit les Pieds Nickelés, pour braquer la banque, il leur faudra plus que le soutien des médias !
Bientôt, Marine mettera en avant son statut de femme à des fins électorales, ce ne serait que la suite logique…
« mettra »